Propos sur l’idée d’une seconde journée de solidarité nationale
Rubrique: » 11 août, 2009 »Le Site Le figaro.fr met aujourd’hui l’index sur une proposition émise par un ancien ministre de la Santé et des Solidarités, Philippe BAS, selon lequel la prise en charge des personnes âgées et dépendantes devrait passer par la création d’une seconde journée nationale de solidarité.
Déjà, la première journée de solidarité nationale avait été instaurée après la canicule de 2003 et l’objectif affiché était de juguler les 20 milliards d’euros requis pour la prise en charge des personnes âgées et dépendantes.
Or, à l’épreuve, il s’est avéré que les objectifs affichés n’ont pas été atteints.
En dépit de l’instauration de cette journée nationale de solidarité, les ressources des personnes âgées et dépendantes viennent à manquer. Les retraites moyennes évaluées à 1.200 euros ne couvrent pas tous leurs besoins courants et nombreuses d’entre elles sont dans l’incapacité de payer l’accueil au sein d’une maison de retraite, n’ayant finalement d’autre choix que de recourir à l’aide sociale.
Alors même que la démarche sociale consistant à épauler les personnes âgées dont le nombre explosera d’ici deux décennies au regard de la démographie vieillissante propre aux sociétés européennes est louable en soi, elle pourrait être impopulaire aux yeux des Français qui accusent déjà le contrecoup de la crise financière. Cette mesure pourrait en outre laisser perplexes les cadres salariés qui effectuent des semaines à 50 heures de travail.
Une autre démarche aurait donc consisté à créer un impôt nouveau de solidarité. Une telle solution serait des plus déraisonnables lorsque nombre de ménages et de célibataires consacrent déjà plus de 50 % de leurs revenus au paiement des impôts.
Une voie médiane consisterait à mieux répartir l’assurance-maladie au profit des personnes âgées et dépendantes.
Alors que la première journée de solidarité nationale aurait dû permettre à l’Etat d’engranger 2,24 milliards de recettes en 2009, l’objectif n’ayant pas été atteint, il est permis de douter sérieusement du bien fondé de l’idée même d’une seconde journée de solidarité nationale.
Les Français rencontrent les plus grandes difficultés pour vivre avec 1.500 euros par mois dans le meilleur des cas, la mise en place de l’euro ayant généré une augmentation généralisée des prix à l’exception des salaires ; c’est alors pour les salariés de 30-40 ans qu’il conviendrait d’instaurer une troisième journée de solidarité nationale …
Il est regrettable que ce soit à l’idée d’une restriction pénalisant le pouvoir d’achat des Français, et dont l’efficacité n’a d’ailleurs pas été prouvée, que nos politiques réfléchissent tandis que dans le même temps, la mise en place du travail le Dimanche soulève les foudres des syndicats, mécontents de perdre le bénéfice d’un « droit au repos ».
Les Français ne seront décidément pas prêts à « travailler plus pour gagner moins ».
Ronit ANTEBI
Avocat
source : Le site Le figaro.fr 11.08.2009




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