Les pirates à la carte bancaire sont aisément sujets à la récidive en prison
Rubrique: » 18 août, 2009 »Le site du Figaro nous renseigne sur une nouvelle méthode de fraude à la carte bancaire qui laisse perplexe tant l’imagination des délinquants informatiques est sans limites et tant ceux-ci ne manquent pas d’y recourir quelque soit le lieu où ils se trouvent.
Il est raconté l’histoire d’un prisonnier américain, dénommé Albert Gonzalez.
Apparemment génie de l’informatique, il n’a pas eu à faire preuve de bonne conduite pour sortir de son enfermement.
Alors qu’il était emprisonné depuis 2008 pour le détournement de plus de 40 millions d’euros de liquidités sur comptes bancaires, il s’est encore adonné aux curiosités de l’informatique en s’introduisant, par le biais d’ordinateurs mis à sa disposition en prison, dans les systèmes de paiement usités par une plateforme à laquelle recourent les magasins 7-Eleven et Hannaford Brothers aux Etats-Unis.
Incorporant des mouchards pour intercepter les données, il expédiait des renseignements sur les comptes bancaires des utilisateurs de cette plateforme de paiement directement vers des serveurs hébergés en Californie, dans l’Illinois, en Ukraine afin de les vendre.
Cette fois-ci, on estime à 130 millions d’euros la fraude dont il s’est rendu l’auteur avec ses deux complices russes.
Albert Gonzalez avait déjà fait l’objet d’arrestations notamment en 2003 pour des affaires de piratage mais il avait passé un accord avec les services secrets américains pour arrêter ses complices.
Toutefois, cet accord a été rompu, les services secrets s’apercevant qu’il renseignait parfois ses compagnons sur le suivi de l’enquête.
Albert GONZALEZ sera évidemment jugé mais à supposer même qu’il encoure la plus forte peine d’emprisonnement possible, il demeure en prison et a commis l’infraction en prison.
Cette nouvelle donne pourrait bouleverser tout un pan de la philosophie criminelle classique enseignée dans les universités de droit selon laquelle la peine de prison aurait pour fonction d’empêcher la récidive et de protéger la société des délinquants.
Force est d’admettre que cette nouvelle forme de délinquance liée aux nouvelles technologies et à la maîtrise grandissante du virtuel par les internautes ne saurait être expurgée de tout risque de récidive par le bais de l’emprisonnement.
Si la prison n’évite plus la récidive, si l’état des établissements pénitentiaires est largement mis à l’index de la République et que le nombre des cas de suicide ne fait qu’augmenter, ne faut-il pas envisager de nouvelles modalités de la peine, plus adaptées à notre société contemporaine.
Ronit ANTEBI
Avocat
Source : le Figaro.fr




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